12 octobre 2026
Dès le retour au pouvoir de Trump début 2025, nous savions que son objectif principal était la capitulation de l’Ukraine dans le combat qu’elle mène depuis plus de quatre ans contre l’agresseur russe, capitulation si possible assortie de juteux avantages pour Poutine, Trump et leurs sbires respectifs. La résistance ukrainienne s’est avérée plus résiliente que prévu, parvenant à se passer du soutien apporté jusque-là par les États-Unis grâce à une production autonome d’armement et le développement de nouvelles tactiques lui permettant désormais de frapper très loin à l’intérieur du territoire russe. Face à ces succès ukrainiens et aux effets de plus en plus concrets qu’ils ont sur la population russe elle-même (frappes sur les grandes villes russes, bien qu’elles ne visent pas les civil·es, pénuries en tous genres, etc.), Poutine a dû se rappeler au souvenir de son homme lige à la Maison Blanche, à savoir le président en personne, en lui demandant de briser cette résistance.
Celui-ci s’est dûment exécuté, prouvant une fois de plus sa servilité à l’égard du maître du Kremlin, d’abord en promettant à ce dernier de lui acheter du gaz, et ensuite en affirmant que Zelensky devait partir. Passons sur le prétexte grotesque des élections, puisqu’on connaît le respect dont Trump témoigne à leur égard dans son propre pays (du coup d’État avorté du 6 janvier 2021 aux manœuvres actuelles visant à truquer le scrutin de novembre), sans même parler du fait qu’il s’accommode à l’inverse fort bien d’un tyran – Poutine – qui n’a plus été confronté à de véritables élection depuis plus de deux décennies.
Cette soudaine aide américaine directe arrive à point nommé pour un Poutine en difficulté, la résistance populaire et militaire ukrainienne ayant montré la faiblesse d’une armée, d’une industrie et d’une économie russes incapables de défaire un adversaire au départ infiniment moins puissant et équipé. Si ses alliés américains et européens avaient décidé de pleinement soutenir Kyiv, et pas seulement qu’à moitié, dès les premiers jours de l’agression russe, la guerre serait probablement terminée aujourd’hui, et Poutine destitué, son pouvoir reposant pour beaucoup sur la multiplication des guerres contre ses voisins. Il suffirait d’une seule défaite pour qu’il quitte la scène. Dans cette affaire, la pusillanimité coûtera très cher, en particulier à l’Europe.
Soyons clairs : le renversement d’alliance confirmé par les dernières gesticulations trumpiennes met l’Ukraine dans une situation délicate. L’heure est grave et les options qui se présentent de plus en plus rares, et pour certaines tragiques. C’est sur l’Europe désormais, et nous ne répéterons jamais assez que la Suisse en fait partie, que reposent les espoirs du peuple ukrainien. Depuis plus de 4 ans et demi, les hommes et les femmes qui se battent sur le front le font pour la démocratie sur le continent et dans le monde entier. Ce n’est pas le moment de les abandonner car leur défaite sera aussi la nôtre, partout en Europe.
Comité de solidarité avec le peuple ukrainien et les opposant·es russes à la guerre
Illustration: Felix Vallotton, Verdun (1917), Musée de l’Armée, Paris.
